Portrait et défis de la recherche en français en contexte minoritaire au Canada

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Plusieurs études le montrent, l’anglais exerce une grande attraction dans le domaine des sciences. Il s’agit de la lingua franca des sciences, la langue qui permet aux chercheur-se-s provenant d’horizons linguistiques différents de se rencontrer, d’échanger et de diffuser leurs travaux. Les revues internationales de langue anglaise, en comparaison avec celles en français, offrent une plus grande visibilité, atteignent un réseau de chercheur-se-s plus vaste, et constituent des lieux de publication prestigieux ayant un impact scientifique et médiatique plus intéressant (Warren et Larivière, 2018). Pour ces raisons, les chercheur-se-s décident souvent de publier dans les revues internationales, généralement anglophones (Meneghini et Packer, 2007). Selon Rocher et Stockemer (2017), il y aurait un manque de revues prestigieuses de langue française, ce qui inciterait les chercheur-se-s à publier en anglais. Par ailleurs, en étudiant l’impact de la langue de publication sur la performance en recherche des chercheur-se-s d’expression française du Québec et de la France, Imbeau et Ouimet (2012) ont observé que ceux qui font le choix d’écrire en français publient moins et sont moins cités. En contexte francophone minoritaire, nous pouvons penser que l’anglais exerce un pouvoir d’attraction encore plus grand chez les chercheur-se-s. Ceux-ci vivent, en outre, des difficultés particulières et persistantes qui nuisent à leur épanouissement et les empêchent d’atteindre l’égalité de statut vis-à-vis de leurs collègues anglophones. […]

This content has been updated on July 23 2021 at 12 h 35 min.